Il arrive qu’un lieu commun, fréquenté chaque jour – ici, le café-épicerie d’une petite commune située sur le plateau du Haut-Lignon – se transforme une heure durant en tout autre chose, en l’occurrence en bureau. À une table où j’ai pour habitude de boire un café et de lire le journal, je retrouve Pierre Celle, dont j’avais lu un portrait en ligne. Ce dernier, natif d’Yssingeaux, est habitant d’une commune voisine et technicien forestier au sein du GPF – une coopérative nommée Groupement de propriétaires forestiers. Piette Celle s’occupe pour l’entreprise du sud-est de la Haute-Loire. Il revient sur les évolutions du métier et de la filière forêt-bois ces trente dernières années. Au début de sa carrière, il travaillait beaucoup avec des petites scieries. Il organisait quatre ventes de bois par an au mieux disant. Aujourd’hui, il y a beaucoup de contrats d’approvisionnement avec des scieries plus importantes. En parallèle, la mécanisation s’est peu à peu développée. Il y a de moins en moins de bûcherons manuels.
Pierre Celle évoque également la culture forestière propre à telle ou telle portion de territoire. En Ardèche, où il est amené à intervenir, il n’y en aurait pas vraiment. Il explique que ça ne gêne pas les gens de tout couper, que la forêt est considérée comme n’importe quelle culture. Là où il y a de vieilles sapinières, c’est différent. Il mentionne La Chaise Dieu, Craponne, le massif des Boutières, le plateau entre Saint-Bonnet-le-Froid et le Chambon-sur-Lignon… De la gestion et de l’exploitation y sont pratiquées depuis longtemps. Au moment de se quitter, il m’invite à aller écouter tout le monde, c’est-à-dire autant les bûcherons manuels ou les petites scieries que les plus grosses structures, qui sont plus représentatives de la filière.

