Nous étions nombreux ce samedi matin d’octobre à participer à la sortie « Vieille forêt », organisée par le Conservatoire des Espaces naturel et animée par Guillaume Chevallier.
Le rendez-vous était donné à proximité du sentier botanique de Queyrières, pour une ascension (à un rythme soutenu!) de la Mézère. Là-haut, Guillaume Chevallier a proposé une introduction à la question des « vielles forêts » et aux indices permettant de les identifier.
Qu’est-ce qu’une vieille forêt?
On entend parfois parler de vieille forêt et de forêt ancienne. Mais les deux termes ne recouvrent pas nécessairement la même réalité!
Une forêt est considérée comme ancienne si elle figurait déjà sur les cartes d’Etat Major, datant d’il y a presque 200 ans. Il s’agit donc d’un espace dont la vocation forestière n’a pas été modifiée depuis deux siècles. Mais cette caractéristique ne suffit pas pour rejoindre la prestigieuse catégorie des « vieilles forêts ». Car celles-ci doivent à la fois être anciennes ET matures. La maturité se mesure à l’aune de la naturalité: peu ou pas exploitée durant plusieurs décennies voire plusieurs siècles, une forêt mature présente quantité de (très) vieux arbres, ainsi qu’un volume important de (très) gros bois mort, sur pied ou à terre.
Pour résumer: une forêt ancienne est une forêt depuis au moins deux siècles, mais si elle a été régulièrement exploitée, elle n’en sera pas mature pour autant. Une vieille forêt est quant à elle une forêt ancienne qui n’a pas été exploitée depuis de nombreuses années, et qui présente donc une grande maturité.
Prêts pour un exercice de terrain!
Après ces premières explications, Guillaume Chevallier nous a menés sur une parcelle de vieille forêt, récemment acquise par le Conservatoire des Espace Naturels:
« J’entends souvent dire que notre action consiste à mettre sous cloche ces espaces, et cela a d’ailleurs été relayé dans la presse. Notre action est pourtant toute autre : les parcelles de vieille forêt que nous acquerrons demeurent ouvertes au public qui peut venir s’y promener, cueillir les champignons, admirer les arbres,... »
C’est bien ce qui a été proposé au public de cette matinée : munis d’une documentation, nous avons été invités à identifier sur site les indices de la maturité de la forêt. Le merveilleux petit ouvrage intitulé « Guide des dendromicrohabitats » (que vous pouvez télécharger!), nous a permis d’explorer les lieux. Chacun s’est donc lancé dans une véritable chasse aux trésors, à la recherche de dendrotelmes (microhabitats aquatiques situés dans le creux d’un arbre), de cavités à terreau, de balais de sorcière (agglomérations de brindilles sur une branche), accueillant chacun une grande biodiversité …





