Au premier bilan du Grand Reboisement

Assistez au triomphe d'un seul : l'épicéa...

Ce qui vous attend en 1926

Garde forestier parmi les épicéas à Saint-Julien Chapteuil.

Photographie de Félix Briot (Environ 1910). Source: Archives photographiques de la Direction des forêts et du service de Restauration des terrains en montagne (RTM)

Ce séjour vous mènera plusieurs décennies après le Grand Reboisement, à l’heure du premier bilan pour la forêt plantée.

Vous sillonnerez des hectares de Meygal boisés, sans jamais ressentir un changement d’ambiance marqué. Et pour cause: c’est un peuplement d’épicéas presque pur que vous découvrirez !
Les forestiers du Grand Reboisement avait tout mis en œuvre pour obtenir une futaie mélangée, mais presque tous leurs plants ont été contrecarrés… La forêt est bien là, oui, mais ce n’est pas celle qui était espérée.

Suivez les agents des Eaux et Forêts à l’heure d’un bilan en demi-teinte et rendez hommage aux miraculés des expérimentations du Grand Reboisement !

Préparez vos valises !

À emporter dans le passé

--> De l’indulgence envers les forestiers du passé

--> Du baume au coeur (pour eux : vous le leur donnerez)

À ramener dans le présent

--> De l’humilité : même si les connaissances sylvicoles ont progressé, de nouvelles expérimentations de plantation ont cours aujourd’hui dans un climat d’incertitude, car parfaitement déréglé.

Votre guide sur place

Laurent Dupré-Latour

Conservateur des Eaux et Forêts à Aurillac, il dirige le bilan du reboisement et a publié un article relatif à ce sujet en 1926 :

«  Dans les peuplements du Meygal, mélangés pied à pied, où la lutte se produit entre essences différentes, ce fut l’épicéa, il est curieux de le constater, qui fut toujours vainqueur. […] La forêt future devra présenter la forme jardinée qui convient à ces hautes régions neigeuses et ventées.  »

Votre séjour en détail

Bilan des expérimentations

Dans une ambiance un peu plombée, vous dresserez le bilan du Grand Reboisement:

  • les cèdres de l’Atlas, les pins noirs, les pins à crochet, les pins mugho et les mélèzes ? Disparus dans leur prime jeunesse.
  • Les sapins et les hêtres ? Ils n’ont pu subsister sous l’épais couvert d’épicéas. Les individus âgés d’une cinquantaine d’année vous sembleront rarissimes dans le massif forestier.
  • Les pins sylvestres? Vous pourrez en croiser, mais uniquement ceux qui n’ont pas été plantés en mélange avec l’épicéa…
Dessin de François René Bernard, publié dans la revue « L’écho de la Montagne » en 1938. (Source: Gallica).

Votre écouterez ensuite votre guide, livrer des préconisations pour l’avenir de la forêt: « Le Service forestier ne devra pas continuer à produire au Meygal de l'épicéa pur, à exploiter à courte révolution. Des essences plus précieuses que l’épicéa, souffrant moins que lui des étés chauds et secs, comme le sapin et peut-être le douglas, seront les éléments principaux de la nouvelle forêt ; on y joindra le hêtre pour améliorer le sol et fournir aux habitants de ces plateaux le chauffage qui leur est si nécessaire. (…) »

Salutation aux rescapés

Votre séjour se poursuivra par une cérémonie émouvante : un hommage aux miraculés des expérimentations, des arbres issus d’essences « exotiques » pour la région.

Au sommet du Testavoyre, vous saluerez quelques pins mugho et pins à crochets.

A Raffy, vous vous prosternerez devant un pin noir d’Autriche. C’est un arbre qui a fasciné bien des générations : il existe une peinture de lui datée de 1952 (voir ci-dessous!) Vous en rapporterez une photographie datant années 1920, afin de compléter la galerie de portraits de ce vétéran.

Image 1. Peinture d’André KILLIAN, 1952. Archives privées.
Image 2. Photographie de Catherine et Franck Noury, 2025. Archives privées.

A votre retour, continuez à leur rendre visite ! Ces arbres centenaires sont de rares témoins encore vivants du Grand Reboisement…

Quelques lectures pour bien préparer votre voyage

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